Aidants familiaux : profil et aides

Richard R.

Plus de 8 millions de personnes accompagnent un proche dépendant. Ce rôle crucial peut devenir éreintant. Les aidants ont cependant des droits et des possibilités de répit souvent mal connues. Tour d'horizon des solutions qui existent.

Aidant familial : qui sont-ils ? 


Aux 3/4 des femmes, les aidants familiaux cohabitent pour moitié avec le proche et ont dans certains cas une activité professionnelle (28%). La durée moyenne de l'accompagnement est de 7 ans, période pendant laquelle ils ont plus de difficultés à partir en vacances, loisir entièrement mis entre parenthèses pour 40% d'entre eux.

Le soutien que l'aidant procure à son proche peut prendre différentes formes. Les activités que l'on retrouve le plus couramment, selon une étude IFOP-MACIF, sont les suivantes :

  1. préparation des repas 68%
  2. aide à la toilette 57%
  3. ménage 36%
  4. courses 32%
  5. habillage 30%
  6. aide au lever 26%
  7. promenade 21%
  8. aide au coucher 19%
  9. démarches administratives 14%
  10. prise des médicaments 13%


Tension physique et morale

L'investissement répétitif que l'aide requiert peut créer, à la longue, une fatigue pouvant aller jusqu'à l'épuisement. Ce phénomène désormais connu distingue 3 types de fragilisations chez l'aidant : 
  • fatigue physique : les multiples gestes à effectuer, les charges à porter et parfois le manque de sommeil ont un impact sur le corps
  • dégradation des relations sociales : la rareté des sorties et des vacances, la nécessité d'être auprès du proche dépendant et la fatigue contribuent à espacer les échanges avec le monde extérieur. Les rendez-vous amicaux deviennent plus espacés dans le temps
  • chute du moral : le manque de solutions, la dégradation parfois inévitable de l'état de santé du proche, la sensation de ne jamais arriver à voir le bout du tunnel atteignent l'estime de soi. L'aidant culpabilise de sacrifier sa vie et de ne plus jouer ses autres rôles 


Droits et solutions de répit

La loi reconnaît aujourd'hui le statut du proche aidant, ce dernier peut ainsi bénéficier d'aménagement du temps de travail et de répit.

S'il exerce une activité professionnelle salariée, l'aidant a droit à un congé sans solde pour assister un proche dépendant ou en fin de vie. Trois sortes de congés existent :
  • congé de proche aidant (salariés du privé avec 2 ans d'ancienneté) : il permet d'accompagner une personne en perte d'autonomie importante pendant une période de 3 mois (renouvelable jusqu'à un an sur l'ensemble de la carrière). Il peut être converti en travail à temps partiel. Important : l'aidant familial retrouve son travail ou un poste équivalent à son retour dans l'entreprise
  • disponibilité (fonctionnaires) : elle permet d'interrompre le travail ou de passer à temps partiel pour s'occuper d'un proche, d'un conjoint ou d'un parent souffrant d'une maladie ou d'un handicap. Sa durée est de 3 ans (avec possibilité de renouvellement)
  • congé de solidarité familiale (salariés du privé et fonctionnaires) : il permet d'accompagner un proche en fin de vie. Sa durée est de 3 mois renouvelables une fois. Il peut être converti en travail à temps partiel. Important : l'aidant familial peut alors bénéficier d'une allocation d'accompagnement d'une personne en fin de vie pour une durée de 21 jours
La loi prévoit également un droit au répit pour l'aidant familial, à condition que le proche âgé soit bénéficiaire de l'Allocation Personnalisée d'Autonomie (APA). Ce droit se matérialise par une aide de 500€ par an qui peut financer 3 types de dispositifs :
  1. aide à domicile. Un intervenant vient s'occuper du proche aidé sur place
  2. accueil de jour. La personne aidée peut être prise en charge un ou plusieurs jours au sein d'une structure où sont organisées des activités adaptées à ses besoins et des ateliers pour les personnes atteintes d'Alzheimer
  3. hébergement temporaire. Pour une période plus longue (ex : quelques semaines), le proche aidé pourra être hébergé dans un établissement d'accueil pour personnes âgées dépendantes. La prise en charge sera ici globale (hygiène, linge...)
Malgré tout, l'aidant peut risquer le surmenage parfois sans s'en rendre compte. Un questionnaire de référence, le ZARIT, permet d'autoévaluer la pénibilité de sa tâche et d'en déduire la surcharge générée. Vous pourrez y accéder en cliquant ici.  

Ces dispositifs témoignent de la prise de conscience de l'Etat, certes tardive, de la charge immense supportée par les aidants à travers la France. La présente vidéo exprime cette récente évolution :
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Pour finir, les aidants peuvent également se tourner vers des associations telles que France Alzheimer ou l'association française des aidants. Elles permettent des partages d'expérience et proposent des formations gratuites. 


Le rôle clé de l'aidant est de plus en plus reconnu et fait l'objet de nouvelles aides apparues depuis la loi relative à l’adaptation de la société au vieillissement (2016). Bien qu'elles puissent être insuffisantes, elles offrent un petit coup de pouce dont vous pourriez aussi en bénéficier... pensez-y !

30 septembre, 2019

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