Alzheimer : tout comprendre de la maladie

Richard R.

Alzheimer est une maladie du cerveau qui détériore progressivement la mémoire et les facultés intellectuelles. Nous tenterons ici d'en offrir une compréhension globale : causes, signes précurseurs, conséquences et solutions.

Maladie irréversible qui affecte les fonctions cognitives (servant à traiter l'information) ainsi que le comportement, elle se matérialise de 3 principales manières :

  • pertes de mémoire immédiate
  • pertes de souvenirs plus lointains
  • altérations du jugement ou du raisonnement
Aujourd'hui on estime que 850 000 individus en sont atteints et que la maladie concerne 6% des plus de 65 ans. L'espérance de vie des personnes concernées en est affectée, elle est de 8 à 10 ans après l'apparition des premiers symptômes.


Causes  



Aucune certitude n'est établie quant aux causes de cette maladie. Plusieurs hypothèses sont mises en avant et en particulier :
  1. les antécédents familiaux : le risque d'être concerné augmente si un ou plusieurs membres de la famille en sont déjà atteints
  2. l'organisme : un dysfonctionnement de celui-ci pourrait être source de son apparition. Certains évoquent la présence de cellules immunitaires qui se retourneraient contre l'organisme lui-même, ou encore un virus qui déclencherait la pathologie
  3. l'environnement : les chercheurs se penchent actuellement sur des toxiques pouvant être en cause
Les études empiriques ont cependant pu établir les facteurs de risque de la maladie, ce sont essentiellement :
  • l'âge : la maladie touche essentiellement les personnes de plus de 65 ans
  • le sexe : les femmes sont plus concernées 
  • le gène ApoE4 : sa présence multiplie le risque
  • le faible niveau de scolarité : les personnes ayant un niveau d'études supérieures sont statistiquement moins atteintes
  • le diabète
  • les microtraumatismes crâniens
  • le déficit cognitif léger
Signes précurseurs

Bien que les premiers symptômes soient souvent discrets, certains changements chez l'individu peuvent mettre sur la piste. 

Au début, deux types de troubles apparaissent :
  1. une mémoire des faits récents déficiente. Impossible de se rappeler du repas du midi, du coup de téléphone du matin... Les faits de la vie quotidienne ne sont pas enregistrés, tandis que ceux de plus longue date demeurent bien ancrés
  2. une irascibilité. Elle est liée au handicap lui-même, la personne atteinte étant consciente de la baisse de ses facultés intellectuelles. Son estime d'elle-même baisse, elle manifeste de l'anxiété voire de la colère et tend à se replier sur elle-même
Au stade évolué, la mémoire des faits anciens se perd également. Les dates se mélangent, les souvenirs disparaissent, seuls semblent survivre les images liées à la petite enfance. 

Alzheimer peut également engendrer l'Agnosie, un trouble de la reconnaissance. La personne n'arrive alors plus, ou très peu, à reconnaître les objets et/ou les visages. 

Enfin la maladie peut générer des troubles du langage, ce que l'on nomme l'Aphasie. La personne a de plus en plus de difficultés à produire d'abord les phrases longues, puis aussi les phrases simples. Le vocabulaire s'amenuise jusqu'à sa perte quasi-totale. Elle se trouve dès lors dans l'incapacité de s'exprimer et de comprendre.

Le médecin traitant sera en mesure de poser un diagnostic plus certain et/ou d'orienter le patient vers un neurologue. Une "consultation mémoire" peut notamment être envisagée, faite d'une batterie d'examens réalisés par une équipe pluridisciplinaire. Elle inclue le fameux test psychométrique MMSE qui permet d'évaluer en 30 questions l'état des fonctions cognitives du sujet. 

La vidéo ci-dessous pourra vous aider à reconnaître les signes précurseurs :
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Ralentir la maladie 

Il n'existe à ce jour aucun traitement curatif pour récupérer les fonctions perdues. Cependant un certain nombre d'actions permettent d'en ralentir sa progression : 
  • Marcher. Tous les jours en augmentant progressivement la distance. L'activité physique diminue de 40% les chances de développer l'Alzheimer. 
  • Lire si possible, ou se faire lire un livre. Cela stimule le cerveau 
  • S'alimenter de façon suffisante et équilibrée. Beaucoup de fruits, légumes, noix, amandes... Consommer un peu d'huile d'olive tous les jours et du poisson deux fois par semaine
  • Jouer. Des jeux de mémoire existent, ils agissent sur différentes zones du cerveau
  • Arrêter de fumer
  • Perdre du poids si nécessaire
  • Faire vérifier son audition et sa vision. S'appareiller si besoin 
Vous retrouverez beaucoup d'astuces dans notre article dédié : "Travailler sa mémoire : un enjeu quotidien". 


Gérer au jour le jour



Enfin, il nous semblait important de conclure avec quelques suggestions pour que la relation avec la personne attteinte se passe au mieux. 

Il est tout d'abord fondamental que l'entourage comprenne la situation de détresse dans laquelle se trouve le malade. Déclinant, il ne peut que difficilement exprimer son angoisse. Une grand frustration naît et chaque sollicitation peut dès lors être vécue comme un échec, voire à terme une agression.
  1. Reconnaître cette colère. C'est un bon premier pas pour apaiser le rapport. En effet bien qu'il semble être "dans un autre monde", le sujet reste sensible à l'affectif et plus globalement à l'environnement qui l'entoure. Il est donc important de faire preuve de compassion et de créer une ambiance calme
  2. Améliorer la relation. Cela passe par la communication verbale et non verbale. Observer ses comportements et ses demandes, faire en sorte qu'il puisse valider, peu importe comment, le fait que vous avez compris ce qu'il souhaitait. Il en sera rassuré et son estime de lui-même grandira. Maintenir la communication en établissant un contact physique et apaisant, se mettre en face de lui pour parler en le nommant par son nom... ces échanges stimuleront son attention et sa concentration
  3. Adapter le domicile. Débarrasser les obstacles afin que la circulation se fasse en toute sécurité. Préserver un environnement sonore discret. Contrôler les issues en cas de déambulation et surtout de risque de fugue
  4. Respecter les rythmes. Heures fixes de coucher, de réveil, de repas. Entretenir les repères temporels (calendrier, horloge) pour éviter toute désynchronisation

Nous espérons que cet article aura su répondre à toutes vos questions concernant la maladie d'Alzheimer. Vaste sujet, nous vous proposons ci-dessous quelques vidéos pour aller plus loin. 

Maladie d'Alzheimer : l'habillage et la toilette (cliquer ici)
Maladie d'Alzheimer : le repas (cliquer ici)
Maladie d'Alzheimer : comment aménager le domicile (cliquer ici)

10 octobre, 2019

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