Fausses routes : symptômes, conséquences et remèdes

Richard R.

Les fausses routes, ou troubles de la déglutition, peuvent avoir de graves conséquences : infections pulmonaires, malnutrition... Découvrons ensemble quels en sont les symptômes, les conséquences et les actions à entreprendre pour les combattre.
Symptômes 

Dans le langage quotidien l'on dit souvent "il ou elle s'étrangle". Une toux pendant ou après la déglutition est généralement signe de fausse route, bien que celle-ci puisse aussi être silencieuse

La fausse route prend place lors de la phase œsophagienne. Au lieu de se diriger vers le tube digestif (œsophage), l'aliment ou la boisson avalé passe dans les voies respiratoires (trachée). La vidéo ci-dessous explique plus en détail ce phénomène.
La fausse route peut être partielle (la personne peut toujours respirer) ou totale (étouffement). Nous verrons plus loin comment réagir dans les deux cas.

L'apparition de ce trouble de la déglutition peut avoir différentes origines :
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  • maladies infectieuses (mycoses...)
  • maladies neurologiques (séquelles d'un AVC...)
  • causes structurelles (édentation...)
  • dégradation de l'état général
Il est donc important d'identifier la cause du problème afin de pouvoir le solutionner efficacement. 


Conséquences

Elles peuvent être lourdes et engendrer trois principaux problèmes
  1. une détérioration des fonctions respiratoires, voire un pneumonie
  2. une malnutrition ou déshydratation 
  3. une difficulté à la prise de médicaments
Généralement ces phénomènes n'arrivent qu'au fil du temps, après des fausses routes répétées, il est donc possible de les éviter dans la plupart des cas. Pour cela, il faut veiller aux premiers symptômes de trouble de la déglutition et apporter les corrections nécessaires. 


Comment éviter les fausses routes ?

Certaines actions simples peuvent être entreprises pour limiter les risques :
  • veiller régulièrement à l'hygiène bucco-dentaire. Une mauvaise dentition ne permet pas une mastication efficace
  • installer la personne dans une posture adaptée au moment du repas. Une position assise est souhaitable, à défaut semi-assise si il/elle ne peut se tenir droit(e). La tête devra dans tous les cas être inclinée vers l'avant
  • favoriser un environnement calme. Eviter toute déconcentration pendant le repas : télévision, radio, conversation...
  • adapter l'alimentation. Eviter les aliments secs qui peuvent s'émietter dans la gorge. Supprimer les aliments contenant des petits morceaux (riz, lentilles...). Préférer les aliments faciles à mastiquer (potages, oeufs, fromages...) et hachez les autres. Alimenter par petites quantités en vérifiant au préalable que la bouche est bien vidée. Servir les plats et boissons chauds ou froids, jamais tièdes. Epaissir les boissons à l'aide de poudre gélifiante. 
Le choix des aliments et les textures sont en effet déterminants pour limiter les troubles de la déglutition. Certains livres spécialisés proposent des recettes adaptées, en voici 2 exemples :
  • Saveurs partagées : La gastronomie adaptée aux troubles de la déglutition - 80 recettes hachées et mixées
  • Livre de recettes Mix'âges

Que faire si une fausse route arrive malgré tout ?

Bien évidemment il faut d'abord suspendre l'alimentation.  

En cas de fausse route partielle :
- ne surtout pas donner de claques dans le dos
- ne pas calmer la toux par la prise d’un liquide au risque d’aggraver une fausse route
- demander à la personne de bloquer sa respiration un petit instant
- demander d’inspirer doucement par le nez
- demander de tousser, bouche ouverte, le plus fort possible
- désobstruer la bouche et l’arrière-bouche manuellement (ou avec un matériel d’aspiration)

En cas de fausse route totale :
- donner des claques dans le dos
- pratiquer la Manœuvre de Heimlich si les claques dans le dos ne suffisent pas
Voici une vidéo qui vous aidera à vous y familiariser avec ces deux manipulations :
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Si malgré tout la gène persiste, il est indispensable de contacter le SAMU (le 15)
Rester aux côtés de la personne souffrante en attendant leur arrivée afin de la rassurer.

Si les fausses routes perdurent dans le temps, il sera important d'en parler au médecin traitant qui pourra dresser un diagnostic, prescrire de nouvelles solutions et/ou des examens complémentaires. 

10 septembre, 2019

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